Cotisations chômage : le patronat accepte de repousser une baisse de cotisations

Sans crise, point de salut ! C'est cette drôle de maxime qui a guidé le Medef lors de l'avant-dernière réunion avec les syndicats. L'organisation patronale a accepté mardi, sous conditions, d'attendre la sortie de la crise pour baisser les cotisations chômage.

La réunion a débuté au siège du Medef, avenue Bosquet à Paris, près duquel plusieurs centaines de manifestants (2500 selon les organisateurs) intermittents du spectacle, chômeurs, salariés de l'ANPE et des Assedic, se rassemblaient pour exiger un véritable droit à l'emploi et refuser la précarité.

La colère des ces manifestants semble avoir porté. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a déclaré mardi être prête à « suspendre la baisse des cotisations » réclamée par le patronat, « tant que le gros de la crise n'est pas derrière nous », mais à condition qu'une clause très précise prévoit cette baisse.

Il est vrai qu'au regard des mauvais chiffres du chômage, les négociateurs du Medef avaient les pieds et poings liés. En trois mois, 100 000 demandeurs d'emploi supplémentaires sont venus grossir les rangs des chômeurs. Dans ce contexte, diminuer les cotisations chômage, qui financent les allocations chômage, auraient été fort peu chrétien avant ces fêtes de fin d'année, traditionnement l'occasion de nombreuses dépenses de la part des ménages.

Les réactions des syndicats ont été contrastées

A son arrivée au Medef, Gaby Bonnand (CFDT) a salué « une avancée sensible du patronat » qui « rend un peu plus optimiste ». « Nous avons toujous dit qu'une baisse des cotisations n'était pas tabou si c'est sur la base de critères observables sur la situation du chômage et l'équilibre du régime ».

De son côté, Maurad Rahbi (CGT) a reproché au patronat « d'être toujours sur une logique de baisse des cotisations à moyen et long terme, et de redéploiement des droits vers ceux qui n'en ont pas au détriment de ceux qui en ont un peu ».

Enfin, Alain Lecanu (CFE-CGC) s'est déclaré prêt à discuter d'une évolution « des cotisations mais en échange notamment d'une amélioration du taux d'indemnisation des chômeurs ». Il a ironisé sur « la phase de réconciliation » qui s'amorce entre le patronat et certains syndicats durant ces négociations.

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