La politique coup de poing selon Gremetz

Non, le PCF n'est pas mort. Et c'est Maxime Gremetz, le spécialiste des coups de gueule, voire des coups de poings, qui a réveillé cette semaine l'orgeuil de l'ex premier parti politique français, lors du débat parlementaire sur le travail dominical.


Maxime Gremetz est l'icone de l'homme politique franchouillard. Plein de gouialle, sanguin et propice aux envolées verbales et gestuelles sur les bancs de l'Assemblée. Un gars Picard, né en même temps que le Front Populaire mourait. Normal que la proposition de loi sur la généralisation du travail dominical l'hérisse, « Max », comme le surnomme ses collègues députés.
Elu de la Somme depuis 1973, il a trouvé en la proposition du député de l'UMP Richard Mallié une bonne occasion de gesticuler de nouveau.

Comdamné aux prud'hommes pour licenciement abusif en 2005, auteurs de rixes multiples au Conseil Général de Picardie, Gremetz est un bad boy. Un élu trapu, capable au printemps dernier, d'éjecter un conseiller général hors de sa chaise.



Son accent picard a résonné toute cette semaine, depuis l'aile gauche de l'hémicycle. Lui, le défenseur des chasseurs, a mené une battue présidentielle qui s'est finalement avérée fructueuse.

Le repos dominical, c'est sacré, surtout pour un amateur de tir aux pigeons.
Selon Jean-François Copé, le député de la Somme aurait dépassé les bornes, invectivant violement, selon le porte parole du gouvernement, quelques députés UMP.
Comme souvent, Max la Menace nie tout excès et savoure le succès de l'opposition : « Ils sont battus en brèche ! » claironne t'il mardi soir, après les débats. Comme souvent, Maxime nous sert de la ''boxing politique'' pure et dure.

Maxime frôle parfois le populisme, mais sait aussi avancer des arguments, en citant l'étude du Centre de Recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie : « Cette loi coûtera 28000 emplois ! » Le député s'enflamme vite, parle près de ses interlocuteurs. Ses lunettes glisse frénétiquement de son nez quand le débat gagne en intensité.

Jeudi, le gouvernement recule définitivement « comme pour le CPE ou la réforme des lycées », glisse-t'il entre deux roulements d'épaules.
Maxime Gremetz quitte la salle des quatre colonnes, le verbe haut. Une espèce en voix de disparition, tant dans les urnes que sur les bancs de l'Assemblée.

Benjamin Cadiou

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