Loi HPST, les derniers maux de l’hôpital

Le projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires » rend frileux les professionnels de santé et leurs patients... ou faut-il dire clients ? Cette réforme a été adoptée en conseil des ministres en octobre et sera présentée au Parlement en janvier.

Le gouvernement s‘attaque à l’hôpital. En septembre dernier, dans le Jura, le Président lançait : « Pour que notre système de santé demeure solidaire, il faut prendre nos responsabilités. »
La réforme ne doit rien moins que réorganiser toute l’offre de soins.
L’arme fatale : la coordination de l’action de l’hôpital public et de la médecine libérale grâce aux agences régionales de santé (ARS).
Le plan est d’envergure, sans compter son articulation avec le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2009 qui, lui, fixe les enveloppes budgétaires.

Objectif : faire des économies

Dans l’idéal, l’assurance maladie devrait retrouver un équilibre financier pour 2011.
La méthode n’est pas nouvelle, il s’agira de lutter contre les gaspillages, les abus et les fraudes. D’où la mise en place de « pénalités planchers » et de franchises médicales. Les complémentaires devront contribuer à la gestion du risque et à la maîtrise des dépenses de santé.
Pour autant, « maîtrise des dépenses » et « santé » sont des mots qui ne vont pas ensemble d'après les syndicats de médecins hospitaliers. Quand Didier Ménard, président du syndicat de la médecine générale, parle d’ « hôpital-entreprise », Patrick Pelloux de l'association des médecins urgentistes de France, dénonce une « privatisation des hôpitaux ».
Pour conduire cette réforme, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, s’appuie fortement sur le rapport Larcher. La réorganisation s’accompagne d’une réduction des moyens.
Le service public de santé doit donc devenir rentable et améliorer la qualité de ses soins, le tout avec moins d’argent.

Santé pour tous

L'égalité des soins est une des mesures phares du projet de loi.
Concrètement, l'accent est mis sur la prévention. La santé des jeunes préoccupent Roselyne Bachelot qui souhaite interdire notamment la vente des « cigarettes bonbons » et la pratique des « open bars ».
Pour les malades avérés, le parcours de santé devrait être simplifié, selon le souhait de Nicolas Sarkozy. Laurent Degos, président de la Haute autorité de santé (HAS), souligne les 3 points essentiels de la loi : « Science, transparence, concertation ».
En revanche, l'association des mutuelles de France, à l'initiative du Mouvement « Ensemble pour une santé solidaire », est très critique. Dans un communiqué de presse, suite à l'adoption de l'HPST par le conseil des ministres, elle indiquait : « La politique santé de Sarkozy, c’est arrêtons de soigner les malades, ça coûtera moins cher ». Ce que ne dément pas Didier Ménard, intervenant aux rencontres 2008 de l'HAS. Lui a peur que les médecins doivent au final choisir qui soigner.
La crainte serait alors que certains malades deviennent plus rentables que d'autres.

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