La semaine du 15 décembre, vue et analysée par des étudiants en journalisme

L'épineuse question du travail dominical en France
A l'heure de son examen par l'Assemblée Nationale, la proposition de loi sur le travail dominical portée par l'UMP fait débat, notamment avec la gauche, les syndicats et même l'église catholique. Analyse de la situation et avis des principaux intéressés.
- Travail dominical : un débat explosif qui tourne court à l'Assemblée. La prémière scéance, plutôt mouvementée, débouche sur un ajournement jusqu'à 2009.
- Reculade pour le travail dominical. Après une réécriture la veille de son examen, la proposition de loi ne satisfait toujours pas.
- La politique coup de poing selon Gremetz. Député PC de la Somme, Maxime Gremetz n'est pas le dernier quand il s'agit de se faire entendre.
- En Alsace, les commerces n'ouvriront pas le dimanche ! Le Nord-Est de la France n'est pas concerné par la réforme. Le député UMP du Bas-Rhin Alain Ferry nous explique pourquoi.

Fusion conflictuelle pour les Assedic et l'Anpe
Baptisé pôle pour l'emploi, la réforme qui vise à réunir l'Anpe et les Assedic est engagée. Mais entre son contenu critiqué et sa mise en place confuse, cette fusion s'annonce pour le moins problématique.
- La fusion ANPE-Assedic : les enjeux d'une réforme contestée. Avec une date de lancement avancée et des complications pour certains chômeurs, les mécontentements s'annoncent nombreux.
- Cotisations chômage : le patronat accepte de repousser une baisse de cotisations. En attendant une sortie de la crise, le Medef décide de ne pas baisser les cotisations chômage.

La réforme de l'hôpital fait grincer des dents
HPST : sous ce sigle se cache le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires". Adopté en octobre par le conseils des ministres, il vise à réduire le déficit de l'Assurance maladie, non sans irriter la profession hospitalière.
- Loi HPST, les derniers maux de l’hôpital. Un projet de loi qui sonne comme une privatisation de l'hopital et qui inquiète les professionnels de la santé.
-Le système hospitalier vu par les jeunes professionnels. Ils débutent dans le monde de l'hôpital et témoignent du malaise ambiant.
- « L'hôpital a besoin de médecins, pas de managers » d'après Didier Ménard. Le président du syndicat de la médecine générale dénonce les dangers de la réforme Hpst.


La crise du logement continue
Etudiants en difficulté pour trouver une habitation, mal-logés obligés de dormir dehors, promesses du gouvernement non tenues... Autant de raisons pour que la crise du logement perdure.
- La question des mal-logés toujours en suspens. Le Président avait promis des logements en 2006, ils ne sont toujours pas là. Et pour pallier à la mort des SDF à cause du froid, Christine Boutin propose de les emmener de force dans les centres.
- Les mal-logés en attente d'un toit. Plusieurs dizaines de personnes à la recherche d'une habitation campent au 24 rue de la Banque à Paris.
- « Nous avons besoin de vrais logements » Interrogé sur la crise, Jean-Yves Cottin, militant du comité des sans-logis, nous explique son point de vue.

La question des mal-logés toujours en suspens

Le triste et récent bilan des victimes du froid amène le gouvernement à s'interroger. La proposition de la ministre Christine Boutin relance le débat sur la situation des mal-logés en France.

Nicolas Sarkozy disait en décembre 2006 : « Je veux que d'ici dix ans les 700 000 logements manquants pour résorber la crise du logement aient été construits ». Bilan fin 2008 : 3 millions de personnes sont mal logées en France. 86 000 sans domicile, 200 000 herbergés en hôtel ou par des parents ou amis; un demi-million vivent dans une situation précaire et 2 millions occupent des habitations sommaires.
Des associations comme Droit au Logement (DAL) dénoncent l'existence de logements vacants et de bureaux vides. Rien qu'à Paris, on en dénombre 100 000. C'est dans ce contexte que le DAL, réquisitionne un an après, une partie de la rue de la Banque à Paris pour se faire entendre. Une soixantaine de famille mal-logés y campe sur le trottoir.

Une proposition qui fait débat

Aujourd'hui, la polémique reprend. En effet, après la mort de plusieurs SDF depuis le mois de novembre, Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, lance le 26 novembre l'idée de rendre obligatoire la mise à l'abri des SDF quand la température descend sous -6°. La question se pose toujours à la suite du tollé suscité par cette proposition.
« Ce que je reproche à Madame Boutin, c'est de raisonner en fonctions des places libres dans les centres et non en terme de création de nouveaux logements sociaux », explique Jean-Yves Cottin, militant au sein du Comité des Sans-Logis. Nicolas Sarkozy, plus modéré, préfère laisser le choix aux sans-abris d'avoir recours ou non à un hébergement d' urgence.

«  Nous avons besoin de vrais logements »

Jean-Yves Cottin est un des premiers militants depuis la création du Comité des Sans-Logis en 1993. Organisée par des sans-abris ou d'anciens sans-abris, cette association de SDF est une des principales de France.

Combien êtes-vous au sein de l'association et combien de personnes aidez-vous?
Pour l'un comme pour l'autre, le nombre est très fluctuant. Nous sommes une association de sans-abris qui travaillent avec et pour les sans-abris. En ce moment, nous avons quelques centaines de personnes qui gravitent autour de notre association. Mais ils sont des milliers dans le besoin.

Comment vous faites-vous connaître?
On travaille avec l'association « Relais Logement » et on organise des assemblées générales, tous les 15 jours, pour ceux qui le souhaitent. Notre but est de reloger des mal-logés dans des logements sociaux.

Que pensez-vous de la décision de la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, de mettre vontairement, les nuits d'hiver, les sans-logis dans
des centres?

Je pense qu'il y a des gens dont les facultés sont altérées et qui ont donc besoin d'être pris en charge, qu'ont leur disent « Allez, montez dans le camion ». Cependant, il ne faut pas généraliser cette pratique. De surcroît, l'intervention des forces de police ne doit pas être systématique. Il faut trouver un juste milieu. Ce que je reproche à madame Boutin, c'est de raisonner en fonction des places libres dans les centres et non en terme de création de nouveaux logements sociaux. Or, nous avons besoin de vrais logements. Pour moi, ça ne sert à rien de raisonner ainsi, ce n'est pas une solution définitive.

La politique coup de poing selon Gremetz

Non, le PCF n'est pas mort. Et c'est Maxime Gremetz, le spécialiste des coups de gueule, voire des coups de poings, qui a réveillé cette semaine l'orgeuil de l'ex premier parti politique français, lors du débat parlementaire sur le travail dominical.


Maxime Gremetz est l'icone de l'homme politique franchouillard. Plein de gouialle, sanguin et propice aux envolées verbales et gestuelles sur les bancs de l'Assemblée. Un gars Picard, né en même temps que le Front Populaire mourait. Normal que la proposition de loi sur la généralisation du travail dominical l'hérisse, « Max », comme le surnomme ses collègues députés.
Elu de la Somme depuis 1973, il a trouvé en la proposition du député de l'UMP Richard Mallié une bonne occasion de gesticuler de nouveau.

Comdamné aux prud'hommes pour licenciement abusif en 2005, auteurs de rixes multiples au Conseil Général de Picardie, Gremetz est un bad boy. Un élu trapu, capable au printemps dernier, d'éjecter un conseiller général hors de sa chaise.



Son accent picard a résonné toute cette semaine, depuis l'aile gauche de l'hémicycle. Lui, le défenseur des chasseurs, a mené une battue présidentielle qui s'est finalement avérée fructueuse.

Le repos dominical, c'est sacré, surtout pour un amateur de tir aux pigeons.
Selon Jean-François Copé, le député de la Somme aurait dépassé les bornes, invectivant violement, selon le porte parole du gouvernement, quelques députés UMP.
Comme souvent, Max la Menace nie tout excès et savoure le succès de l'opposition : « Ils sont battus en brèche ! » claironne t'il mardi soir, après les débats. Comme souvent, Maxime nous sert de la ''boxing politique'' pure et dure.

Maxime frôle parfois le populisme, mais sait aussi avancer des arguments, en citant l'étude du Centre de Recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie : « Cette loi coûtera 28000 emplois ! » Le député s'enflamme vite, parle près de ses interlocuteurs. Ses lunettes glisse frénétiquement de son nez quand le débat gagne en intensité.

Jeudi, le gouvernement recule définitivement « comme pour le CPE ou la réforme des lycées », glisse-t'il entre deux roulements d'épaules.
Maxime Gremetz quitte la salle des quatre colonnes, le verbe haut. Une espèce en voix de disparition, tant dans les urnes que sur les bancs de l'Assemblée.

Benjamin Cadiou

« L'hôpital a besoin de médecins, pas de managers » d'après Didier Ménard

Les opposants à la réforme de la ministre de la santé Roselyne Bachelot, dénoncent la mise en place d'un système « à l'américaine ». D'après eux, la rationalisation des coûts prend le dessus sur la qualité des soins et le bien-être des patients.


Ils l'attendent avec inquiétude, cette réforme du systeme de santé. Les syndicats CGT, FO, CFTC, Sud, CGC et l'Unsa sont déjà descendu dans la rue le 9 décembre dernier pour protester contre « le plan Bachelot ».

D'après eux, le projet de loi « hôpital, patients, santé, territoires » va voir le démantèlement de 38 hôpitaux et entrainer la suppression de 20 000 emplois dans un secteur qui est déjà en manque de personnel.

A cela s'ajoute le problème du déplacement qui oblige les patients à planifier leurs opérations chiurgicales sur le long terme.

La tarification à l'activité ou T2A est aussi décriée, puisqu'elle viserait la rentabilité des malades plutôt que celle des soins. « Si je demande une hospitalisation pour une vieille dame on me la refusera », explique Didier Menard, président du Syndicat de la médecine générale. « Si je rappelle en changeant ma voix pour demander l'hospitalisation d'un jeune homme qui a la même maladie, on l'acceptera. »

Les mal-logés en attente d'un toit

Avec l'hiver, la question des sans-logis revient sur le devant de la scène. Des centaines de familles en quête d'un logement peinent à se faire entendre. Comme ici, rue de la Banque à Paris où les autorités n'ont pas encore pris de décisions les concernant. Les mal-logés sont condamnés à camper sur le trottoir malgré le froid et la pluie.

Le système hospitalier vu par les jeunes professionnels

Démoralisation, recrudescence des maladies nosocomiales et manque de moyens. Si l'on écoute le discours ambiant, ces griefs contre l'hôpital public reviennent sans cesse sur le tapis. Au centre hospitalier de la Pitié-Salpétrière (Paris), des jeunes professionnels donnent leurs avis.

« Le secteur public est plus dynamique que le privé »
Cécile Champy, étudiante externe en service d'urologie à la Pitié-Salpétrière

Cécile est encore étudiante et n'a aucun problème de motivation : « Quand on est dans les études, on se focalise pas vraiment sur les conditions de travail», déclare-t-elle. Mais elle indique voir souvent les infirmières démoralisées par une baisse de moyens constante. « les médecins ne sont là que le matin. Le reste du temps, ce sont elles qui sont sur le pont. »

Selon Cécile, le manque de personnel limite le nombre d'admission et empêche le bloc opératoire de tourner correctement. « Il faut relativiser », ajoute-t-elle, « je reviens d'un stage de chirurgie en Afrique. Quand on voit les conditions de travail là-bas, on a tendance à penser que la France n'est pas si mal lotie. »

Elle reste même attachée à l'hôpital public et pense faire sa carrière dans ce milieu : « Ici on croise des pathologies rares et vraiment intéressantes. Le secteur public est plus dynamique que les cliniques privées sur ce plan. »

Questionnée sur la résurgence des maladies nosocomiales, Cécile se veut rassurante. « Il n'y en a pas plus qu'avant », déclare-t-elle. « Ce genre de problèmes est tout simplement surmédiatisé. Les gestes de désinfection sont toujours les mêmes et il est normal qu'une partie des patient attrape des bactéries en milieu hospitalier. »

« Les infirmières sont de moins en moins motivées »
Gwenaelle, infirmière au service de néonatalogie de la Pitié-Salpétrière.



« On a un grand manque de personnel et de moyen »
Jimmy, 4e année d'internat en chirurgie dentaire.

Propos recueillis pas David Rahmil

Travail dominical : un débat explosif qui tourne court à l'Assemblée

Le début de l'examen du projet de loi sur le travail dominical a tourné court hier soir à l'Assemblée, à la demande de Jean-François Copé. Selon lui, injures et menaces de la part de l'opposition sont en effet responsables d'un report des débats à janvier 2009.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a défendu hier soir à l'Assemblée la proposition de loi sur la dérogation au repos dominical en affirmant qu'elle garantissait le choix aux salariés de travailler ou non ce jour là.
Affirmant que "le repos dominical doit rester le principe", il a ajouté qu'il fallait "cesser de faire peur aux Français ou de dire des contre-vérités. La proposition de loi ne prévoit ni la généralisation du travail le dimanche, ni l'abolition du travail dominical. Il s'agit de préverser ce jour de repos tout en permettant à ceux qui veulent travailler le dimanche de le faire avec des garanties sociales et sociétales". Il a souligné par ailleurs que "les dérogations ne s'appliqueront pas aux grandes surfaces alimentaires".

Des conditions de débat impossibles

Retardé en raison de la réforme de l'audiovisuel, l'examen de la proposition de loi de Richard Mallié (UMP) sur "les dérogations au travail dominical" avait commencé à 21h30 dans une ambiance électrique. "Un député communiste, Maxime Gremetz, a voulu agresser un de mes amis député UMP. Les conditions du débat étaient impossibles", a expliqué Jean-François Copé pour justifier sa demande de levée de séance.
En sortant de l'hémicycle, le Président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault a évoqué une défaite pour le Président Nicolas Sarkozy: "Il n'aura pas son cadeau avant Noël." Cette proposition était un souhait qu'avait émis le Président lors de son discours à Rethel dans les Ardennes, le 28 octobre 2008.
Les socialistes, tout comme l'Eglise catholique de France, désignent le repos dominical comme "le jour d'une vie familiale plus intense et plus riche". Pour le Parti communiste, le texte remanié constitue toujours "une attaque frontale contre la réglementation du travail" et vise à satisfaire « les patrons hors-la-loi".
L'Eglise catholique de France prend part au débat. Le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Lorette dans le 9ème arrondissement de Paris, nous explique les raisons de ses réticences.

En Alsace, les commerces n'ouvriront pas le dimanche !

En Alsace et en Moselle, le droit local assure le repos dominical. Un privilège qui n'est pas remis en question par la proposition de loi étudiée à l'Assemblée, assure Alain Ferry, député UMP du Bas-Rhin.

Une région est certaine d'échapper au vif débat sur le travail dominical. Alain Ferry, député UMP du Bas-Rhin et maire de la commune de Wisch, nous explique les spécificités de son territoire.
"L'Alsace bénéficie d'un droit local qui remonte à l'occupation allemande. Les commerces ne peuvent en aucun cas ouvrir le dimanche. Bien sûr, au fil du temps, le contexte économique est venu moduler cette interdiction. Il existe donc des dérogations pour les boulangeries-pâtisseries, tabacs, fleuristes..."
De récents sondages montrent que 66 % des Français se déclarent favorables à l'ouverture des commerces le dimanche. Mais à la question, "Etes vous prêts à travailler le dimanche ?", 90 % des Français se déclarent être contre.
Même si la question ne se pose pas dans sa région, Alain Ferry défend le projet : "Les Français crient souvent avant d'avoir mal. Je ne pense pas que l'idée de travailler le dimanche soit mauvaise. En Belgique, par exemple, tous les commerces sont ouverts ce jour là. Et ils ne sont en aucun cas exploités ! Pourquoi cela ne se passerait-il pas en France ? Beaucoup de gens ont besoin de travailler et travailler le dimanche peut représenter un plus. Il n'y a pas de raison de l'interdire, sachant que pour beaucoup professions c'est un jour de travail comme un autre."
Lydia Berroyer

Loi HPST, les derniers maux de l’hôpital

Le projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires » rend frileux les professionnels de santé et leurs patients... ou faut-il dire clients ? Cette réforme a été adoptée en conseil des ministres en octobre et sera présentée au Parlement en janvier.

Le gouvernement s‘attaque à l’hôpital. En septembre dernier, dans le Jura, le Président lançait : « Pour que notre système de santé demeure solidaire, il faut prendre nos responsabilités. »
La réforme ne doit rien moins que réorganiser toute l’offre de soins.
L’arme fatale : la coordination de l’action de l’hôpital public et de la médecine libérale grâce aux agences régionales de santé (ARS).
Le plan est d’envergure, sans compter son articulation avec le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2009 qui, lui, fixe les enveloppes budgétaires.

Objectif : faire des économies

Dans l’idéal, l’assurance maladie devrait retrouver un équilibre financier pour 2011.
La méthode n’est pas nouvelle, il s’agira de lutter contre les gaspillages, les abus et les fraudes. D’où la mise en place de « pénalités planchers » et de franchises médicales. Les complémentaires devront contribuer à la gestion du risque et à la maîtrise des dépenses de santé.
Pour autant, « maîtrise des dépenses » et « santé » sont des mots qui ne vont pas ensemble d'après les syndicats de médecins hospitaliers. Quand Didier Ménard, président du syndicat de la médecine générale, parle d’ « hôpital-entreprise », Patrick Pelloux de l'association des médecins urgentistes de France, dénonce une « privatisation des hôpitaux ».
Pour conduire cette réforme, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, s’appuie fortement sur le rapport Larcher. La réorganisation s’accompagne d’une réduction des moyens.
Le service public de santé doit donc devenir rentable et améliorer la qualité de ses soins, le tout avec moins d’argent.

Santé pour tous

L'égalité des soins est une des mesures phares du projet de loi.
Concrètement, l'accent est mis sur la prévention. La santé des jeunes préoccupent Roselyne Bachelot qui souhaite interdire notamment la vente des « cigarettes bonbons » et la pratique des « open bars ».
Pour les malades avérés, le parcours de santé devrait être simplifié, selon le souhait de Nicolas Sarkozy. Laurent Degos, président de la Haute autorité de santé (HAS), souligne les 3 points essentiels de la loi : « Science, transparence, concertation ».
En revanche, l'association des mutuelles de France, à l'initiative du Mouvement « Ensemble pour une santé solidaire », est très critique. Dans un communiqué de presse, suite à l'adoption de l'HPST par le conseil des ministres, elle indiquait : « La politique santé de Sarkozy, c’est arrêtons de soigner les malades, ça coûtera moins cher ». Ce que ne dément pas Didier Ménard, intervenant aux rencontres 2008 de l'HAS. Lui a peur que les médecins doivent au final choisir qui soigner.
La crainte serait alors que certains malades deviennent plus rentables que d'autres.

Reculade pour le travail dominical

A l'approche de son examen par l'Assemblée Nationale, la proposition de loi du député UMP Richard Mallié sur le travail dominical continue à alimenter les débats, même après le compromis initié par Nicolas Sarkozy lundi dernier.

A l'origine, le texte de Richard Mallié permettait aux commerçants vivant dans une agglomération de plus d'un million d'habitant de travailler tous les dimanche de l'année. Il n'en fallait pas plus pour faire monter au créneau la gauche, le centre, les syndicats (Force Ouvrière en tête), l'Eglise Catholique et même certains élus UMP.

Une reculade de l'Elysée

Une version édulcorée de ce projet a donc vu le jour lundi dernier, sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy, pour autoriser l'ensemble des commerces à ouvrir seulement cinq à dix dimanches par an, mais dans presque toute la France. Un plan que la majorité definit comme une aide au tourisme, puisque cela favoriserait les dépenses des vacanciers. Autre particularité, la ville de Lille située en zone frontalière, qui devrait disposer d'un calendrier spécifique pour éviter la concurrence de la Belgique, toute proche.

Mais contre ce compromis, que le député UMP Jean Bardet qualifie lui-même de « reculade », le PS a déposé près de 4 200 amendements sur un texte qui ne compte que cinq articles. Cette « opposition acharnée » décrite par la gauche, à laquelle s'adjoint le MoDem, devrait donc se faire entendre lors de l'examen de la loi par l'Assemblée Nationale.

Le sort du travail dominical loin d'être statué

Prévu avant Noël, l'examen de la proposition de loi de Richard Mallié devait débuter mardi. Mais la finalisation du texte sur l'audiovisuel a contraint l'Assemblée à le décaler au jour suivant.

La situation n'étonne pas Jean-François Copé, qui juge « vraiment miraculeux » la discussion du texte avant la coupure hivernale le 22 décembre, en raison de « l'obstruction » de la gauche. Après une première scéance le 17 décembre, les vrais débats ne débuteront qu'à partir du 15 janvier, une semaine après la rentrée de l'Assemblée.

Cotisations chômage : le patronat accepte de repousser une baisse de cotisations

Sans crise, point de salut ! C'est cette drôle de maxime qui a guidé le Medef lors de l'avant-dernière réunion avec les syndicats. L'organisation patronale a accepté mardi, sous conditions, d'attendre la sortie de la crise pour baisser les cotisations chômage.

La réunion a débuté au siège du Medef, avenue Bosquet à Paris, près duquel plusieurs centaines de manifestants (2500 selon les organisateurs) intermittents du spectacle, chômeurs, salariés de l'ANPE et des Assedic, se rassemblaient pour exiger un véritable droit à l'emploi et refuser la précarité.

La colère des ces manifestants semble avoir porté. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a déclaré mardi être prête à « suspendre la baisse des cotisations » réclamée par le patronat, « tant que le gros de la crise n'est pas derrière nous », mais à condition qu'une clause très précise prévoit cette baisse.

Il est vrai qu'au regard des mauvais chiffres du chômage, les négociateurs du Medef avaient les pieds et poings liés. En trois mois, 100 000 demandeurs d'emploi supplémentaires sont venus grossir les rangs des chômeurs. Dans ce contexte, diminuer les cotisations chômage, qui financent les allocations chômage, auraient été fort peu chrétien avant ces fêtes de fin d'année, traditionnement l'occasion de nombreuses dépenses de la part des ménages.

Les réactions des syndicats ont été contrastées

A son arrivée au Medef, Gaby Bonnand (CFDT) a salué « une avancée sensible du patronat » qui « rend un peu plus optimiste ». « Nous avons toujous dit qu'une baisse des cotisations n'était pas tabou si c'est sur la base de critères observables sur la situation du chômage et l'équilibre du régime ».

De son côté, Maurad Rahbi (CGT) a reproché au patronat « d'être toujours sur une logique de baisse des cotisations à moyen et long terme, et de redéploiement des droits vers ceux qui n'en ont pas au détriment de ceux qui en ont un peu ».

Enfin, Alain Lecanu (CFE-CGC) s'est déclaré prêt à discuter d'une évolution « des cotisations mais en échange notamment d'une amélioration du taux d'indemnisation des chômeurs ». Il a ironisé sur « la phase de réconciliation » qui s'amorce entre le patronat et certains syndicats durant ces négociations.

La fusion ANPE-Assedic : les enjeux d'une réforme contestée

La fusion entre l'ANPE et les Assedic sera effective dès vendredi prochain. Un changement de calendrier qui n'est pas du goût de tout le monde.

La suprise a été générale. Le pôle emploi, le nouveau service de l'emploi issue de la fusion entre l'ANPE et les Assedic, verra le jour ce vendredi 19 décembre, soit près de trois semaines avant la date intiale prévue.

Selon Loïc Barboux, secrétaire général adjoint de FO-ANPE, « cette réforme, avancée pour des raisons juridiques, a été faite à la hussarde ». Un agent de l'ANPE, qui a souhaité rester anonyme, le confirme : « C'est un serpent de mer qui navigue depuis plusieurs années, mais cette fusion est menée au pas de charge. »

Cette précipitation n'est pas sans poser quelques problèmes administratifs. « Les entêtes des courriers ne seront pas prêts. Le logo de l'ANPE apparaîtra encore quelques temps à la place de celui du pôle emploi ». Mais surtout, « les comptes annuels de l'ANPE seront désormais cloturés au 22 décembre, alors que ceux du pôle emploi débuteront le 19 décembre. Au final, cette volonté d'avancer la fusion rend les choses très compliquées », détaille un observateur.

Une réforme « coercitive » pour les demandeurs d'emploi

Outre les problèmes d'organisation qu'elle suscite, cette mesure serait d'après le syndicat FO-ANPE « politiquement très mal pensée ». Loïc Barboux s'inquiète ainsi que cette politique ne soit « très coercitive » pour le demandeur d'emploi. A l'image par exemple de « l'offre raisonnable » d'emploi. Cette nouvelle formule, qui rentrera en vigueur en même temps que la fusion ANPE-Assedic, stipule qu'un demandeur d'emploi ne pourra pas refuser un poste au bout de trois propositions.

« La volonté politique est de faire diminuer le nombre de demandeurs d'emploi », s'insurge Loïc Barboux, qui redoute de voir des travailleurs être obligés d'accepter des postes aux salaires sans rapport avec leurs qualifications réelles.

Mais surtout, le syndicat déplore le fait que le payeur devienne aussi le sanctionneur. Du fait de la fusion des équipes de l'ANPE et des Assedic, les salariés du nouveau pôle emploi auront en effet un droit de regard à la fois sur le suivi des dossiers et sur les indemnités, respectivement le métier de l'ANPE et des Assedic. Une aberration pour le syndicat, qui voit en cette réforme une véritable régression.


La fusion ANPE-Assedic vue par un demandeur d'emploi :